• Projet Pollinis

    Chère amie, cher ami,

    Installée depuis plus d'un million d'années sur tout le nord-ouest du continent européen, une petite abeille robuste et brune – que l'on surnomme abeille noire (Apis mellifera mellifera pour les érudits) – butine sans relâche, saison après saison, siècle après siècle, les fleurs de nos campagnes, assurant depuis des temps immémoriaux la reproduction d'une grande partie des fruits et légumes cultivés dans nos contrées.

    C'est en partie grâce au travail acharné de cette abeille locale que les habitants de nos régions d’Europe ont pu se nourrir sainement pendant des siècles.

    Mais comme tous les pollinisateurs, l'abeille noire est aujourd’hui victime d’une combinaison de facteurs - dégradation de son habitat naturel, pesticides, parasites et virus, espèces invasives… - qui menacent sa survie.

    Comble : en lui préférant d’autres espèces d’abeilles importées, jugées plus « productives », ou « plus douces », une partie des apiculteurs eux-mêmes est en train d'accélérer ce déclin.

    Les scientifiques tirent aujourd'hui la sonnette d’alarme : si rien n’est fait, ce petit pollinisateur essentiel pourrait avoir totalement disparu de notre continent d’ici 15 ans, emportant avec lui, des millénaires d'adaptation génétique au climat local, aux plantes, aux fleurs des vergers et des potagers, aux parasites et aux prédateurs.

    L’abeille noire est pourtant la seule abeille à miel à avoir réussi à survivre à la dernière glaciation qui a touché l'Europe, des Pyrénées à l'Oural, il y a de cela 10 000 ans 
    - faisant preuve d'extraordinaires et uniques capacités de résistance et d'adaptation à des changements climatiques extrêmes et aux changements draconiens des ressources florales.

    Dans le contexte actuel de disparition massive de toutes les abeilles en France et en Europe, ce sont ces caractères exceptionnels qu'il nous semble extrêmement important de préserver au plus vite - pour l'ensemble des apiculteurs aujourd'hui, et pour nos enfants demain : l'abeille noire pourrait être l'une des seules abeilles à pouvoir s'adapter et résister aux bouleversements à venir.

    A condition qu’on lui donne un petit coup de main…

    Et c'est pour ça que j'ai besoin de vous aujourd'hui.

    Une petite équipe d'apiculteurs courageux et de citoyens engagés, travaillent d’arrache-pied dans leur conservatoire des Cévennes, pour mettre à l’abri un maximum d’essaims d’abeilles noires, et assurer leur reproduction.

    Convaincu de la nécessité et de l'urgence de ce projet de sauvetage des dernières populations d'abeilles noires, POLLINIS a décidé de soutenir leurs travaux - encourageant depuis quatre ans la création d’un véritable sanctuaire de l’abeille noire locale où ce petit pollinisateur de nos contrées pourrait évoluer dans un environnement protégé et se reproduire sans risque de subir un croisement génétique avec d'autres espèces importées.

    Mais ce n’est pas suffisant : pour préserver durablement l’abeille noire, il faut recréer un environnement agricole qui lui soit favorable, et avec lequel elle pourra évoluer en harmonie.

    En s’inspirant de traditions locales, enrichies des connaissances agronomiques et scientifiques d’aujourd’hui, nous avons imaginé ensemble un écosystème complet où agriculture, abeilles noires et pollinisateurs sauvages font bon ménage ; un havre pour les abeilles et les hommes. Un laboratoire vivant qui nous permettra peut-être – je l'espère ! - de faire émerger un modèle adaptable localement, ailleurs en France et en Europe... pour recréer ensemble un monde agricole et culturel favorable à l’abeille noire.

    En somme, un pays où les abeilles ne meurent pas !

    Nous voudrions réinstaurer une longue tradition cévenole de ruches tronc, creusées à partir de troncs de châtaigniers - un bois imputrescible. Habitat traditionnel des abeilles cévenoles depuis des siècles, elles y mènent une vie très proche de l’état sauvage.

    Avec votre aide, la Vallée de l’abeille noire espère pouvoir se doter d'un rucher tronc, à côté des ruches du Conservatoire. Elles seront fabriquées avec l'aide d'une association locale qui fait appel à des jeunes adultes en situation de handicap. Elles serviront de témoins et de passeurs des pratiques apicoles respectueuses et durables qui ont permis à l’homme pendant des millénaires de coexister respectueusement avec l’abeille locale.

    Pour toutes les plantations alentour, un mot d’ordre : pas d’intrants chimiques, mais une sélection des espèces les plus résistantes au climat et aux conditions locales.

    Depuis deux ans, on cultive du sarrasin sur deux parcelles devant l'un des ruchers du Conservatoire. Cette plante très pollinifère se cultivait autrefois sur des sols pauvres et acides, comme ceux de Lozère, et ne requiert ni désherbant, ni pesticide. Elle fleurit longtemps, de mi-juillet à fin août, justement quand la campagne manque de fleurs. Son nectar mellifère (récolté par les abeilles pour élaborer le miel) possède une importante qualité nutritionnelle pour les pollinisateurs.

    Sa culture permet de produire pour les hommes une farine sans gluten, riche en protéines et en antioxydants, et du fourrage pour les animaux. La transformation du sarrasin permet la commercialisation de produits alimentaires qui peuvent être associés aux produits de la ruche : pain, biscuits, crêpes, pâtes…, créant ainsi une opportunité économique pour les habitants de la région.

    Les abeilles pourront également se repaître du pollen et du savoureux et bénéfique nectar des innombrables fleurs des vergers d’arbres fruitiers anciens qui seront plantés dans leur périmètre de butinage.

    Grâce aux premiers dons des membres de POLLINIS, le projet a déjà bien avancé :

    • Le terrain a été analysé par des experts pour s'assurer de l'absence d'intrants chimiques dans les eaux et les sols, et pour mettre en place les conditions favorables à la plantation d'arbres fruitiers et à la culture de sarrasin ;
    • Du sarrasin a pu être planté sur deux hectares ;
    • Les travaux agricoles ont été lancés pour préparer la plantation du verger et des cépages.
    • Le bail du terrain agricole a été payé ;
    • Des ruches supplémentaires ont été installées dans le Conservatoire.

    Des données quantifiables sur la santé des abeilles ou la viabilité des activités économiques sont d’ores et déjà recueillies : Ophélie Toudic, étudiante en génie biologique à l’IUT d’Avignon, avec l’appui de Lionel Garnery, chercheur au CNRS, spécialiste de l’abeille noire ont étudié la diversité génétique de la population d’abeilles locales et les ressources mellifères du lieu.

    Mais pour pouvoir consolider et transmettre ce modèle agro-culturel et écologique aux personnes qui souhaitent mener des projets similaires, et développer ensemble une économie permettant la préservation des espèces locales et de l'environnement, il y a encore beaucoup à faire.

    Il faut notamment construire et mettre en place le rucher tronc, poursuivre la réouverture des zones forestières, greffer les châtaigniers en espèce anciennes et planter les arbres fruitiers anciens de Lozère. Et surtout, il faut pouvoir embaucher et œuvrer à l’installation d'un agriculteur formé à la gestion de l’environnement, et développer la filière locale de transformation du sarrasin (farine pâtes, biscuits, crêpes…) pour prouver l’intérêt économique de notre démarche !

    Sans cela, le conservatoire ne restera qu’un « musée » de l’abeille locale disparue…

    … Aidez-nous, au contraire, à créer un modèle durable pour faire prendre conscience dans le pays tout entier du potentiel économique gigantesque de nos pollinisateurs locaux – seule façon d’assurer leur protection à grande échelle !

    Vous pouvez donner 15 euros, 30 euros, 50 euros, 100 euros, ou 200 euros ou plus selon vos moyens.

    Quel que soit le montant de votre participation, soyez assuré qu’elle sera pour nous une aide précieuse, efficacement utilisée pour nous permettre de mener jusqu’au bout ce projet salvateur pour l’abeille noire locale, dans les Cévennes d’abord, et à terme – nous l’espérons - dans toute la France et l’Europe.

    BOUTON VAN JAUNE

    Il ne nous reste pas beaucoup de temps : la pression chimique sur les abeilles et l'ensemble des pollinisateurs ne cesse de s’intensifier, et l’abeille noire n’échappe malheureusement pas au massacre. Les scientifiques ne lui donnent que 15 ans à vivre, si rien n’est fait immédiatement pour stopper l’hécatombe.

    La disparition de ce petit insecte réduirait à néant tous les espoirs de repeupler les territoires avec leur écotype d’abeille naturellement résistante, et d’enrayer en Europe du Nord-Ouest le déclin alarmant des abeilles et des pollinisateurs.

    La préservation de l’abeille locale est le meilleur moyen dont nous disposons, aujourd’hui, pour garantir aux générations futures un pollinisateur naturellement résistant.

    Elle a nourri les peuples, des Pyrénées à la Scandinavie, pendant des siècles, avec son miel riche en médicaments naturels, et en pollinisant sans relâche les cultures dont se sont nourris nos ancêtres : à nous de rétablir pour elle un environnement agricole et culturel dans lequel l'homme et l'abeille coexistent dans le respect et l'autonomie.

    Aidez-nous, par votre don, à construire le pays où les abeilles ne meurent pas !

    Je vous remercie par avance.

    Bien cordialement,

    Nicolas Laarman

    Délégué Général

    Pour participer, cliquez ici >> JE FAIS UN DON

     
     

    POLLINIS Association Loi 1901
    ONG indépendante, financée exclusivement par les dons des citoyens, qui se bat pour la protection des abeilles et des pollinisateurs sauvages en militant notamment pour un modèle agricole sans pesticide en Europe.
    10, rue Saint Marc 75002 Paris www.pollinis.org


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