• Bonjour à toutes et tous.

    Peut-être que Nicole vous en a parlez : nous sommes 3 Drômois (Jérôme, Benjamin et Eric) qui souhaitons nous investir au Pra de Mû. Beaucoup de possibles sur ces terres nous animent !

    Puisque nous habitons assez loin, nous souhaitons commencer par établir un campement "solide" et pérenne sur les lieux pour pouvoir venir séjourner en famille plutôt confortablement et sans trop solliciter Nicole (qui déjà nous accueille avec enthousiasme). Ainsi, nous pourrons venir régulièrement pour venir aider Nicole et Jean mais aussi essayer de faire naître de nouveaux projets sur leurs terres.

    Nous comptons venir faire une première session de travail pour installer ce "campement pérenne" du 28 juin au soir jusqu'au 04 juillet au matin. Ces premières installations établies nous permettront de venir en famille cette fois lors de la fête organisée par Nicole le 22 Juillet suivant (nous resterons d'ailleurs plusieurs jours à cette période).

    Dans la Drôme, où nous habitons, nous vivons un système d'entraide solidaire et participatif depuis quelques années qui pourraient être projeté au Pra de Mû. Plus précisément, un petit réseau de personnes vivant sur des lieux différents a décidé de s'entraider très régulièrement en participant à des chantiers les uns chez les autres. A tour de rôle, nous accueillons donc des personnes sur nos terrains, œuvrons donc plus simplement et rapidement, partageons des expériences, des compétences mais aussi des moments conviviaux. Depuis que nous connaissons ce système "tournant" de chantier coopératif, nous sommes ravis et avançons ensemble (bien que sur des lieux différents).

     


    Nous avons, par ailleurs, lancé un autre "outil" destiné à équilibrer ces échanges : le JEU (Jardin d'échanges Universel). C'est une monnaie basée sur le temps qui s'apparente un peu aux SEL (systèmes d'échanges locaux) et dont je pourrais vous parler plus en détail à l'occasion. Nous avons lancer ce "JEU" pour éviter qu'il y ait des sentiments réels ou non d'injustice entre les personnes qui s'entraident. Imaginons qu'une personne se voit aidé par 2 ou 3 camarades. Si, par contre, elle est indisponible momentanément ou régulièrement pour venir sur un ou plusieurs chantiers chez les autres, il y a de fortes chances que :

     

    - la bénéficiaire du chantier se sente redevable sans savoir comment rendre le service ;

     

    - les personnes aidant se sentent léser.

     

    Avec le JEU, ces deux conséquences peuvent disparaître car c'est un outil qui permet de bénéficier ou de donner son aide (ou des biens) tout en le comptabilisant (en points JEU). Avec des points JEU gagnés, on est pas obligé de rendre à la personne qui nous les a donnés. On peut les utiliser avec d'autres JEUeurs. C'est une véritable monnaie.

     

    Je ne sais pas s'il y a un système de monnaie basée sur le temps proche de Termes ou de Vignevieille mais, dans tous les cas, nous comptons apporter ce système de JEU, que nous éprouvons depuis plus d'un an et qui nous ravit, dans nos bagages lorsque nous viendrons au Pra de Mû.

     

    Et donc, si ça vous intéresse, nous serions ravis d'échanger avec vous pendant notre premier temps de chantier au Pra de Mû. Nous serons ravis d’œuvrer à vos côtés pour mieux avancer, pour faire votre connaissance et pour commencer à nous projeter là-bas. Quand notre "urgence" de campement sera passée, nous proposerons nous aussi de donner des coups de main pour, pourquoi pas, initier ce système de "chantiers coopératifs" (équilibrés par le JEU ou un autre outil déjà en place dans l'Aude).

     

    Nicole va vous transmettre ce message et j'espère donc que vous me répondrez (par écrit ou par téléphone - 06.17.06.58.06). S'il y a des choses peu claires dans mon mél, je m'en excuse. Toute cette dynamique est délicate à expliquer en quelques mots. Dans les faits, c'est plutôt criant de simplicité et de convivialité! J'espère donc que nous pourrons partager cela ensemble.

     

    à très bientôt peut-être.

     

    Eric


    Eric Lantenois

    PS  : Vous pouvez aussi contacter Nicole Valette du Pra de Mû aux 09 87 88 57 01 ou 06 28 27 51 43


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  • Qui sème du Cers, récolte du sens

    Samedi 16 janvier, une quarantaine de personnes réunies au foyer de Villerouge Termenès ont écouté avec attention les explications de Laurence Carretero, présidente de l’association Just’échange, créatrice du Cers, la monnaie complémentaire du Narbonnais. Celle-ci a répondu à leurs nombreuses questions :
    Une monnaie locale, késaco ? C’est une monnaie complémentaire de l’euro, dont le but est de développer les échanges de biens et de services entre les membres d’un réseau (les entreprises et leurs clients, les partenaires institutionnels associés). Le Cers a pour vocation de soutenir producteurs, artisans ou entrepreneurs locaux, à développer les circuits courts de proximité et à développer le lien social.
    Mais a-t-on besoin pour cela d’utiliser une autre monnaie que l’euro, ont demandé les participants de la réunion ? La réponse est oui, car en utilisant une monnaie locale valable uniquement pour les membres d’un réseau, ceux-ci « s’obligent » à acheter local. Un euro a vite fait de quitter le circuit local dès lors qu’on achète de l’essence, par exemple. Utiliser le Cers est donc une démarche citoyenne.
    Comment ça marche, alors ? Les utilisateurs échangent des euros contre des Cers dans un comptoir de change (bureau Just’échange ou commerçants habilités Cers). Les euros constituent un fonds de garantie placé dans une banque non spéculative, ce qui permet à tout moment d’effectuer la conversion inverse (mais ce n’est pas l’objectif).Si les utilisateurs deviennent suffisamment nombreux et le fonds de garantie important, celui-ci peut permettre à la banque de proposer des crédits aux entreprises du réseau.
    Y-a-t-il des conditions pour adhérer au réseau ? Oui, car chaque monnaie locale s’appuie sur une charte. Celle du Cers repose sur quatre piliers : l’humain, le local, le naturel et le culturel, avec comme objectif de développer une économie fondée sur des valeurs écologiques, sociales et solidaires.
    Créé en 2014, le Cers parait être une monnaie locale tout à fait adaptée dans un milieu rural comme les Corbières. Les associations Court-Circuit (Laroque de Fa), réunissant producteurs locaux et consom’acteurs, et Esprit de Garrigues (Villerouge Termenès), groupement de producteurs, ainsi que des artisans de Lagrasse se sont montrés très intéressés par cette monnaie « prête à l’emploi » !
    Gageons que le Cers soufflera un jour sur les Corbières, à l’image des 28 monnaies locales qui existent déjà en France, et des milliers qui fonctionnent de par le monde.


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  • Présentation sur la
    Monnaie Complémentaire Locale
    Initialement les banques étaient toujours le fruit du groupement d’une corporation afin de faciliter l’exercice des opérations entre membres de la dite corporation. Les membres étaient actionnaires de la banque, qui travaillait alors pour promouvoir les intérêts de leurs actionnaires.
    Aujourd’hui rien n’a changé sinon que les banques sont détenus par des actionnaires qui ne partagent plus la même profession et que les banques se sont tournés vers la création de dettes et la spéculation financière basée sur la promotion de la pénurie.


    Une Monnaie Locale Complémentaire (MLC) pour quoi faire?

    Pour encourager l’économie réelle et locale!

    Pour combattre la spéculation!

    Pour réduire notre empreinte écologique!

    Réorienter sa consommation en lui donnant du sens par un mode de consommation plus responsable :
    encourager le petit commerce, les achats éthiques.

    Une monnaie locale est une réponse citoyenne aux crises économiques et financières.


    A qui peut profiter une monnaie complémentaire?
    • Aux militants de l’écologie, des alternatives, de la décroissance, de la transition,... qui se trouvent souvent à hésiter entre la tentation du refus pur et simple de la monnaie et la possibilité d’expérimenter (« changer les échanges »). Certains ont déjà l’expérience d’une monnaie locale de type SEL (mais elle n’est pas complémentaire, non convertible en euro).

    • Aux prestataires déjà habitués aux cartes de fidélité ou aux tickets restaurants, qui sont des monnaies complémentaires (mais elles ne sont pas locales).

    • Aux citoyens qui sont souvent prêts à « jouer le jeu » mais qui ont du mal à voir vraiment l’intérêt de faire ses achats en « jouant au Monopoly ».

    Reprendre la maîtrise citoyenne de l’usage de la monnaie.
    La monnaie courante, c’est à la fois très simple dans son utilisation et très compliqué dès que l’on essaie de s’expliquer d’où vient l’argent, qui le crée, d’où vient le crédit, à quoi sert une banque...
    Oser se lancer dans l’aventure d’un projet de MLC, c’est finalement pour les citoyens le meilleur moyen de s’approprier les réponses. Nous voilà obligés d’imprimer des billets, de s’assurer de leur infalsifiabilité, de garantir les dépôts, bref de créer de la monnaie. Et là de découvrir toute la dimension «magique »de la création monétaire : car une MLC double, « comme par miracle » la masse monétaire en circulation. C’est également l’occasion de découvrir qu’une simple association citoyenne peut se réapproprier cet usage, aujourd’hui confisqué par les établissements bancaires, obsédés non plus de rendre service à leurs usagers mais d’enrichir leur actionnaires. Dans cette « reprise citoyenne », c’est le Faire qui détermine le Comprendre (c’est la pratique réelle qui est transmise, pas une théorie abstraite).Beaucoup des membres d’associations développant les monnaies complémentaires sont membres d’autres associations, déjà engagés diversement dans des alternatives : ressourcerie, Amap, SEL, recyclerie, coopératives...


    Une MLC n’est-elle pas le moyen par excellence pour relier des initiatives de Transition sur un territoire/bassin de vie/Cité ?

    C’est en ce sens qu’une MLC fonctionne comme un « signe de reconnaissance », comme un « label » défini par les valeurs de la Charte et les critères de la Convention.
    Une MLC ne relie pas seulement « l’existant » : elle a un formidable potentiel d’ouverture aux « consomm’acteurs » et aux prestataires : rien qu’en leur fournissant une « interface » qui ne se réduit pas à une simple (et pauvre) relation d’achat.
    Cette monnaie n’est pas complexe à gérer pour les commerçants et les entreprises car celle-ci est convertible en Euros et ne demande pas de double comptabilité: 1 unité de monnaie complémentaire = 1 €.
    La monnaie locale constitue également une réponse à la crise financière qui commence sérieusement à poindre.

    - Une Monnaie Locale Complémentaire (MLC) permet de faire le lien ultime entre toutes les associations qui ont pour but de faire une transition depuis le monde actuel vers celui qu’on voudrait connaitre. La MLC est le pont globalement reconnu pour faire cela.
    - Dans toutes les transactions, il convient de ne pas facturer 100% mais seulement 60% en MLC pour faciliter la cohabitation des deux moyens de paiement. Au moins durant la première phase de la MLC.

     

    L’intérêt des commerces :

    Impératif : Ils doivent pouvoir convertir les MLC en Euros.

    - Ils ne font plus seulement du commerce, mais ils deviennent acteurs de la vie politique de la cité. Ils ne sont plus là seulement pour prélever une part de richesse en échange de leur travail ou produits. Ils influencent la consommation locale et les us et coutumes qui régiront leur environnement tout en créant un rempart contre les bourrasques monétaires macro économiques.
    A noter : Après les premières semaines, la nature des échanges va se modifier et les relations avec le client aussi, ce qui va naturellement renforcer le lien car les aléas initiaux de la MLC feront partager aux commerçants et consommateurs qui se côtoieront des expériences de galères et de joies qui fidéliseront les personnes. La galère renforce toujours les liens entre les protagonistes.
    - Intégrer un réseau avec la solidarité y afférente.
    Par exemple : le Fond de garantie des monnaies transformées peut servir à financer des projets parmi les entreprises adhérentes, ce qui est une forme de capital risque, accessible pour des projets qui n’avaient jamais été considérés comme bancables auparavant.
    - Intégrer un réseau et profiter de son action sur les habitudes collectives du fait du nombre et de la concertation sur les actions à mener pour l’optimiser.
    Par exemple : par le lobbying d’un comité des fêtes municipales qui accepte de prendre la MLC comme monnaie de paiement par ses clients (au moins partiellement), naturellement, une partie des achats du comité devra se faire auprès des membres du réseau. En bonne intelligence, les commerçants font un prix préférentiel et viennent lors de la manifestation pour donner un coup de main, ainsi que faire la promotion de leurs produits qu’on retrouve au fil des plats. Ils font également la promo de la MLC afin de la faire connaitre au sein des villages pour un plus large recrutement (tract ou annonce directe)

    Par exemple : les modes de lobbying peuvent être variés : inviter les autorités ou membres des comités des fêtes à participer à l’élaboration des MLC afin de les sensibiliser dès la base et les pousser à se l’approprier eux-mêmes.
    Si refus d’une commune, on peut organiser un repas communautaire au même moment entre les membres militants afin de signifier les nécessités de rejoindre le mouvement par une action pacifique mais qui ampute une part du CA de l’événement.

    - Intégrer une MLC, même à ses débuts protège les commerces contre les aléas des systèmes macroéconomiques, surtout en période de crises bancaires.
    Par exemple : la période actuelle se caractérise par un mouvement de ralentissement de certaines indicateurs macroéconomiques. Parmi ceux là, celui qui nous touche le plus directement et qui va devenir très problématique à partir de l’été est le taux de circulation de la monnaie. Il ralentit de manière importante et n’est pour l’instant compenser que par une distribution très importante de pouvoir d’achat par l’Etat. Cette manne étant financée par de la dette publique, on peut s’attendre à un coup de frein très violent 2ème ou 3ème trimestre du fait de la remontée de l’inflation qui elle-même est actuellement cachée en partie par la chute des matières premières et surtout du pétrole. La chute des marchés obligataires actuelle empêchant d’ici qqs mois le refinancement des Etats, la distribution de pouvoir d’achat ne peut que se ralentir fortement. C’est mécanique.
    Dans un cas comme celui là, une MLC permet de créer un écran entre les membres de la MLC et les aléas macroéconomiques du pays qui les abrite.


    Intérêt pour les consommateurs.
    Postulat de départ : La difficulté est l’embauche des consommateurs initiaux, en dehors de militants.
    Pour pousser les consommateurs à adhérer au principe dans un environnement où le militantisme n’est pas développé il convient d’apporter un intérêt financier immédiatement palpable et ostensiblement affiché lors d’un achat ou Euros et MLC sont en concurrence.
    Par exemple : Si paiement en euros, prix = 100
    Si paiement en MLC, prix = 95
    Le financement de cette mesure par les commerçants peut être accusé comme une forme de cotisation pour le lancement de la MLC, qui de toutes façons à terme va rapporter des revenus supérieurs à tous les commerçants impliqués dans la MLC. Une autre manière de faire serait de n’appliquer une inflation qu’aux produits en Euros, incitant ainsi indirectement le client à faire le choix de la MLC.

    - Un annuaire des membres commerçants doit être édité et distribué dans toutes les boites aux lettres du territoire à convertir.
    - Le groupement d’achats CCC lui-même doit militer avec ses pieds pour attirer de nouveaux adeptes MLC
    Par exemple : Lors des marchés le maximum doit être fait (pendant un temps, ce devra surement être du temps offert par les membres de CCC) pour grouper les commandes par villages pour permettre de faire ramener les commandes libellées uniquement en MLC directement dans les villages, via un référent local (commerçant ou consommateur).
    Un autre moyen d’inciter à l’utilisation de la MLC sera de ne facturer la préparation et le transport de la commande qu’un équivalent MLC au lieu de 2 euros pour une commande payée en euros.

    Boutique centrale
    Impératif : - Il faut un producteur ou militant minimum par village du territoire pour gérer les retours de livraisons 1x par semaine.
    Les collectivités ne doivent pas payer de cotisations ou sous une forme différente qu’habituellement.
    En cas de net à payer à virgule, toujours faire payer la partie virgule avec des centimes d’euros.
    Il faut trouver la bonne formule pour que les cotisations de la première année ne soit pas trop un frein pour les personnes non militantes et ceux qui ne voient pas l’intérêt qu’ils vont trouver dans l’utilisation de la MLC.

    S’il est possible de créer une boutique centrale, certains freins au développement de la MLC sauteront :
    - Avec la boutique centrale les ventes sont centralisées avec le système de commande à distance de CCC. Par ailleurs, avec CCC la livraison au client est beaucoup plus facile, ce qui augmente le nombre de clients potentiels, que l’on peut recruter via des réunions publiques ou lors des événements qui ont lieu dans le canton (stand ou promoteur ambulant).
    - Avec la boutique centrale, les livraisons étant groupées et traitées à la boutique, il y a pour les commerçants de grosses économies de transport, de temps ainsi que pour les frais inhérents aux marchés et foires nécessaires pour écouler les marchandises.

    Pour limiter les fuites :
    - Proposer une partie des salaires en MLC (Monnaie Locale Complémentaire)
    - Travailler les fournisseurs des entreprises qui ont des fuites pour les faire adhérer
    - Plus de remise ni soldes sinon en MLC (ex : produits 10€ soldé 20% = payé 10€ par le client et remise de 2€en MLC par le magasin).
    - Faire de ces magasins à fuite un bureau de change pour qu’ils redistribuent leurs MLC aux adhérents ayant besoin de MLC.

    Monnaies complémentaires globalement reconnues : ticket restaurant – carte fidélité en réseau – smile’s


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    Réunion avec Laurence Carretero à Villerouge

     


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